sophie-87@bw.heraut.eu hat Salome von Oscar Wilde besprochen (Reclams Universal-Bibliothek, #4497)
La lune noire du désir
4 Sterne
J’ai lu Salomé comme on regarde une danse au bord d’un gouffre, fasciné par la beauté des gestes et inquiet de ce qu’ils annoncent. Oscar Wilde, écrivain irlandais associé à la littérature anglaise, compose ici une pièce écrite en français, brève, intense, presque incantatoire. Dans le palais d’Hérode, Salomé, fille d’Hérodias, entend la voix du prophète Iokanaan, emprisonné dans une citerne. Son refus, sa pureté farouche et sa parole religieuse éveillent chez elle un désir violent, bientôt transformé en obsession.
Ce qui m’a frappé, c’est l’atmosphère de nuit, de parfum et de menace. Tout semble brillant, mais déjà malade. Hérode observe Salomé avec une convoitise troublante, Hérodias garde une dureté froide, et Iokanaan demeure inaccessible, dressé contre la corruption du pouvoir. J’ai ressenti une tension presque physique devant cette cour où chacun désire, redoute ou manipule.
La fameuse danse de Salomé, suivie de sa demande terrible, donne à …
J’ai lu Salomé comme on regarde une danse au bord d’un gouffre, fasciné par la beauté des gestes et inquiet de ce qu’ils annoncent. Oscar Wilde, écrivain irlandais associé à la littérature anglaise, compose ici une pièce écrite en français, brève, intense, presque incantatoire. Dans le palais d’Hérode, Salomé, fille d’Hérodias, entend la voix du prophète Iokanaan, emprisonné dans une citerne. Son refus, sa pureté farouche et sa parole religieuse éveillent chez elle un désir violent, bientôt transformé en obsession.
Ce qui m’a frappé, c’est l’atmosphère de nuit, de parfum et de menace. Tout semble brillant, mais déjà malade. Hérode observe Salomé avec une convoitise troublante, Hérodias garde une dureté froide, et Iokanaan demeure inaccessible, dressé contre la corruption du pouvoir. J’ai ressenti une tension presque physique devant cette cour où chacun désire, redoute ou manipule.
La fameuse danse de Salomé, suivie de sa demande terrible, donne à la pièce une force tragique. Wilde ne raconte pas seulement un caprice cruel; il montre comment le désir, lorsqu’il refuse toute limite, devient destruction. Le style m’a séduit par ses répétitions, ses images précieuses, sa musicalité étrange. Cette brièveté m’a plu, car elle concentre la violence du mythe sans jamais disperser son éclat ni sa cruauté intérieure durablement dans mon souvenir personnel.
En refermant Salomé, j’ai gardé une émotion sombre: cette œuvre m’a rappelé que la beauté peut parfois éclairer la part la plus dangereuse de l’âme.